A-S-T-A

Association Sportive et Culturelle Notre Dame de Toutes Aides

Homage à Alain et Annick PROTT

jeudi 8 avril 2004, par Laurent PROTT

Homages à Annick et Alain :

  • 14 février 2003 : homage de l’ASTA
  • 18 février 2003 : homage du CD44 roller
  • 1 mars 2003 : homage de la FFRS

Le discours de Laurent le 14 février

C’est une dure tâche que je vais accomplir aujourd’hui, puisque, en tant que responsable de la section Roller Skating, c’est à moi que revient l’honneur d’ouvrir cette réception. Honneur dont je me serais bien passé car, maîtrisant mal mes émotions, je doute de pouvoir aller jusqu’au bout. J’ai fait le choix, il y a peu de temps, de suivre le pas de mon père, et comme il me l’a souvent montré, il faut assumer ses choix.

Mes premiers souvenirs de l’ASTA sont encore clairs dans mon esprit. Je me rappelle encore un groupe de jeunes filles du pensionnat de Toutes-Aides, ou de la Colinière, peu importe, que nous avions croisé en allant de l’école Gay-Lussac à l’ASTA. Celles-ci scandaient des slogans antigouvernementaux,… C’était en 1968, bien sur.

Mon souvenir le plus fort, c’est quand je me suis retrouvé accroché à la rambarde de l’ASTA, terrorisé et jurant de ne plus jamais remonter sur ces engins que je n’arrivais pas à maîtriser. Je ne sais plus si ma mère m’avait alors pris la main. Si ne n’est pas le cas, je suis peut-être le dernier patineur de l’ASTA, depuis 1968, qui a appris à patiner ou à croiser sans tenir la main d’Annick. Car c’est le grand plaisir d’Annick de tenir la main des enfants pour les rassurer et leur donner le bon départ. Rassurer, avec un optimisme toujours présent.

L’optimisme, c’est la première part de leur héritage, car du plus loin dont je peux remonter dans ma mémoire, tous mes souvenirs sont de bons souvenirs. Même la pire des chutes que j’ai fais, à pleine vitesse dans la rue de l’église de Saint -Viaud, où après un vol plané, je me suis retrouvé écorché vif. Je me rappelle combien Annick prenais soin de nous, soignant nos blessures, et nos déceptions.

Leur héritage, c’est aussi le désintéressement. Donner sans attendre de recevoir. Beaucoup pratiquent un bénévolat qui est motivé avant tout par leurs enfants, et c’est légitime. Mais pour Alain et Annick, le bénévolat c’est aussi les enfants des autres. Pour être toujours près de nous, Alain et Annick se sont investis sans compter dans l’ASTA, mais aussi dans le Roller. Arbitre de Hockey, Juge International de Course, toujours sur la brèche, Alain n’hésite pas à prendre des responsabilités à tous les niveaux : Club, Département, Région et même Fédération, y laissant parfois un peu de sa santé, mais toujours avec plaisir. Toujours soutenu et aidé par Annick qui joue les petites mains en abattant un boulot monstre. Combien de compétitions de course ont été faites avec son aide, combien de costumes de gala ou de mi-carême a-t-elle confectionné. Je crois que compter relèverait de la statistique.

Une autre part importante de leur héritage, c’est l’humilité. Combien de pique-niques avons-nous fait, dans combien de campings avons-nous dormis. Souvent pour rapporter un titre national. Je me rappelle nos voyages en Italie et en Belgique, où nous faisions du camping sauvage dans des conditions qui pourraient faire dresser les cheveux sur la tête de tous les députés européens. Mais ces aventures se faisaient toujours dans la bonne humeur et l’optimisme (dont j’ai déjà parlé). Avec eux j’ai compris que l’ASTA fabrique peut-être des champions, mais sûrement pas des vedettes.

La dernière part de leur héritage c’est le respect. Respect des autres et respect des règles, ce que les sportifs appellent aussi le Fair-Play. Alain est le seul arbitre de hockey qui m’ai sanctionné d’un carton jaune et je l’en remercie. Car cela m’a permis de voir le sport d’un autre ?il que celui des petites gloires et conflits d’intérêts. Je ne vous donne pas d’autres exemples, car c’est pour eux un mode de vie, et c’est leur quotidien.

Je pourrais longtemps encore faire l’éloge d’Alain et Annick, je pourrais leur trouver de nombreuses qualités, pour masquer leurs petits défauts qu’on leur pardonne. Par exemple Alain pourrait passer, pour certain qui le connaissent mal, pour un personnage grincheux et insistant. Mais c’est peut-être qu’il supporte mal que l’on ne respecte pas les valeurs qu’il a adoptées dès son entrée à l’ASTA. Valeurs qui ont été depuis celles d’Alain et Annick, et qu’ils ont transmises à plusieurs générations de patineurs. Ces valeurs ne doivent pas disparaître, et c’est là notre héritage à tous, les faire vire sans Alain et Annick.

Merci de votre attention.

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